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Pour la journée du patrimoine je suis allée visiter le Musée Fabre de Monptellier, j'ai decouvert FREDERIC BAZILLE , sa peinture les liens avec Monet et l'histoire de certains tableaux que je vais vous conter ci dessous.

 

Frédéric Bazille 

Itinéraire d’un peintre soldat jusqu’au 28 novembre 1870 

par Jean Richard 

 Frédéric Bazille est un nom qui est gravé à jamais dans les mémoires de la ville de Beaune la Rolande et de tous les amateurs d’art. Mon propos aujourd’hui n’est pas de retracer l’œuvre de cet artiste mondialement connu, ami de Sisley, Renoir, Monet… qui firent leur gloire par le courant impressionniste qu’ils ont représenté. 

  Une enfance paisible issue d’une famille illustre  Frédéric Bazille, de son véritable prénom Jean-Frédéric, naquit à Montpellier le 5 décembre 1841. Les Bazille étaient installés à Montpellier depuis le XIIIe siècle au moins. 

Leurs ancêtres y avaient formé une lignée continue d’artisans, dont Etienne Bazille, le plus anciennement connu, était, vers 1850, maître serrurier. Les générations suivantes comptèrent des maîtres arquebusiers, comme ce David Bazille, spécialiste réputé des armes de luxe, véritables œuvres d’art gravées et damasquinées, qui travailla pour le roi. Au XVIIIe siècle, les Bazille devinrent des maîtres orfèvres, qui se firent réputation et fortune dans cette vieille spécialité montpelliéraine.  

 Mme Gaston Bazille (la mère de Frédéric) reçu d’ailleurs en cadeau de mariage la bague conçue en 1720 par Daniel Bazille pour sa réputation de maître orfèvre, « une bague de diamants à sept pierres de rosette, la teste sur l’argent et le corps d’or ». Les Bazille était une famille membre de la Haute Société Protestante. Fidèle à son passé et résolus dans sa foi, cette famille fut assez libérale cependant pour que Frédéric ait pu vivre sa différence.  

 Le père de Frédéric, Gaston Bazille (1819-1894), était agronome et viticulteur. Très jeune celui-ci devint l’un des notables de la vieille cité languedocienne. Elu sénateur de l’Hérault en 1879, il prit une grande part dans la  reconstitution des vignobles après leur destruction par le phylloxera. Malgré leur vie active et leur austérité, ils témoignèrent souvent d’un goût très vif pour les choses de l’art. Gaston Bazille avait épousé en 1840 Camille Vialars (1821-1908), de vieille souche terrienne. Quoique de santé fragile, elle était d’une infatigable charité à secourir les petites gens et les pauvres.  

 Très tôt en contact avec un collectionneur mécène, Frédéric Bazille vit naître en lui une vocation de peintre. Aussi après avoir passé son baccalauréat en avril 1859, le jeune homme exprima le désir de se vouer à la peinture.  

Ses parents s’y opposant et voulant qu’il ait auparavant une situation « dite sérieuse », Bazille entreprit, quoique à contrecœur, des études de médecine, mais tous ses loisirs, l’étudiant les passaient à peindre.  

 En octobre 1862, Frédéric arracha enfin à ses parents la permission de poursuivre ses études à Paris. Il abandonnera rapidement la médecine pour se donner tout entier à la peinture.  

Très tôt une vie d’artiste Frédéric Bazille fréquente l’atelier de Charles Gleyre jusqu’à sa fermeture puis s’installe successivement rue de Furstenberg, rue de Visconti et rue de La Condamine.  

 

 C’est à Paris que Bazille rencontrera en premier des peintres comme Claude Monet, Auguste Renoir ou bien Jean-Baptiste Corot. Puis il fit la connaissance de Paul Cézanne, Camille Pissaro et Gustave Courbet. Bazille, qui avait le don de faire naître la sympathie fréquenta de nombreux salons d’artistes, de peintres et d’écrivains.  

 Il eut le privilège de rencontrer des hommes comme Alfred Sisley, Otto Scholderer, Henri Fantin-Latour, Charles Baudelaire, Paul Verlaine, les photographes Nadar (de son vrai nom Félix Tournachon) et Etienne Carjat (qui réalisa le portrait de Frédéric offert par la famille Bazille à la municipalité de Beaune et exposé actuellement dans le bureau du maire), mais également Léon Gambetta et se lia de sympathie avec Edouard Manet.

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Frédéric Bazille en 1865 photographié par Etienne Carjat


 

 Pour certains d’entre eux, il n’hésitera pas à leur venir en aide financièrement. La gloire n’était pas encore au rendez-vous pour tous ces artistes.  En 1865 il partage un atelier rue de Furstenberg avec Monet qu'il aide financièrement.

 

Il soumet deux oeuvres au Salon de 1866, "Jeune fille au piano" et "Nature morte au poisson", cette dernière étant acceptée.

Il sera par la suite régulièrement admis au Salon.

 

Frédéric se lia d’une profonde amitié avec Edmond Maître. Bazille et Maître avaient une passion commune : la musique, qu’ils avaient élue au grade de « plaisir sacré » comme ils se plaisaient à le dire.  Ils jouaient des pièces à quatre mains et connaissaient quasiment par cœur les œuvres d’un compositeur dont ils ignoraient tout l’année précédente : Robert Schumann. 

 Désireux d’accélérer ses progrès au piano, Bazille se mit à la recherche d’un professeur qui lui donnerait des leçons d’harmonie.  Tous ses amis peintres qui en avaient les moyens financiers étaient des élèves de leur musicien préféré : Emmanuel Chabrier venait jouer chez Manet et Camille Saint-Saens chez Fantin-Latour.  

 Frédéric prit pour répétiteur un musicien qu’on lui avait recommandé aux concerts du Conservatoire et qui se rendait à domicile. Une amitié s’amorça rapidement entre eux, car Bazille avait déjà vécu les difficultés d’acclimatation de ce jeune homme de Pamiers venu à Paris développer son immense talent. C’est ainsi que Gabriel Fauré, qui avait un sens exceptionnel de la pédagogie méthodique fit faire des progrès considérables à Frédéric.  

 Malgré sa mort prématurée, Frédéric Bazille laissa un nombre de tableaux impressionnant. Il peignit souvent sa famille et servit également de modèle à ses amis.  

 Sur Le tableau de Henri Fantin-Latour et intitulé Un atelier aux Batignolles, Frédéric Bazille est situé debout à droite. Il est facilement reconnaissable de par sa grande taille. 

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Le décor est l’atelier de Manet. On identifie Otto Schölderer (peintre) debout à gauche et Édouard Manet représenté en train de peindre. Ensuite, assis, Zacharie Astruc (artiste et critique d’art) et debout de trois-quarts avec un chapeau sombre, Auguste Renoir. A sa droite d'abord le romancier Émile Zola et le musicien Edmond Maître, ami de Henri Fantin-Latour, puis le peintre Frédéric Bazille (de profil, très grand) et tout à droite un peu effacé Claude Monet.

BAZILLE ET CLAUDE MONET

 Mais celui qui fit le plus appel avec insistance à Bazille pour poser dans un de ses tableaux fut certainement Claude Monet. Claude et Frédéric étaient de vrais amis mais peut être plus Frédéric pour Claude qui voyait en lui une intarissable tirelire, lui même étant toujours à court d’argent. Néanmoins l’amitié de Bazille était très profonde pour la famille Monet à tel point que Frédéric fut le parrain de leur fils Jean, et puis Bazille savait parfaitement tirer partie des avis et des conseils de Monet. 

 Depuis qu’il avait vu Le déjeuner sur l’herbe d’Edouard Manet, Claude Monet voulait peindre le sien et ce sera Un Déjeuner sur l’herbe.

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Le déjeuner sur l'herbe

 

 

Ce fragment, avec un second également conservé au musée d'Orsay, constituent les seuls vestiges du monumental Déjeuner sur l'herbe de Monet. Commencée au printemps 1865, l'oeuvre mesurait plus de quatre mètre sur six et devait constituer un hommage mais aussi un défi à l'égard de Manet dont le tableau du même titre avait été l'objet des sarcasmes du public et des critiques lors de son exposition au Salon des Refusés en 1863. Mais le projet fut abandonné en 1866, juste avant l'inauguration du Salon auquel Monet le destinait.
En 1920, Le peintre raconte lui-même ce qu'il est advenu du tableau : "je devais payer mon loyer, je l'ai donné en gage au propriétaire qui l'a roulé dans sa cave, et quand, enfin, j'ai eu de quoi le retirer, vous voyez si il avait eu le temps de moisir". Monet récupère la toile en 1884, la découpe, et n'en conserve que trois fragments. Le troisième a aujourd'hui disparu.

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Ce grand tableau est une étude pour une autre encore plus grand (460 x 600 cm!). Il a été peint à l'intérieur après des études de la vie. Bazille, un ami de Monet, a posé trois fois, pour l'homme couché, et pour ceux qui se tiennent sur la gauche et du centre.

Et c'est la que je trouve un lien avec le dejeuner sur l'herbe et le tableau de BAZILLE ,L'AMBULANCE IMPROVISEE ,moment de vie liant les 2 hommes.

 Monet attendra plusieurs jours Bazille dans un petit hôtel à Chailly, près de Fontainebleau où il s’était installé après la fermeture de l’atelier de Gleyre.  

anecdote mérite d’être relatée au sujet de ce tableau. Alors que Bazille s’apprêtait à repartir, 

Dans « Un déjeuner sur l’herbe », Bazille est debout au centre et au fond. 

Une anecdote mérite d’être relatée au sujet de ce tableau. Alors que Bazille s’apprêtait à repartir, puisque les séances de pose s’achevaient, des étudiants anglais, s’exerçant au lancement du disque dans la clairière où était peint le tableau, lancèrent maladroitement leur lourde rondelle de métal en direction d’un groupe d’enfants assis dans l’herbe. Monet, qui avait vu le disque rouler vers les enfants, se précipita pour détourner sa trajectoire mais ne parvint pas à s’en saisir et la tranche d’acier laboura dans sa jambe un profond sillon. La déchirure était importante et la plaie, étendue sur toute la hauteur du mollet saignait abondamment. Et c’est Bazille qui s’interposa entre Monet et les Anglais.  

 L’ex-apprenti médecin freina l’hémorragie par un garrot et conduisit Monet dans la chambre de son hôtel. C’est lui qui confectionna un système de fortune à l’aide d’un pot en terre contenant du permanganate et percé d’un trou  minuscule pour irriguer la plaie d’antiseptique. Il n’était bien sûr plus question de tableau, mais Bazille ne pouvait abandonner son ami blessé dans cette auberge. Pour occuper les longues heures d’inaction passées auprès de lui, il se mit à le peindre. 

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  Cette toile deviendra L’ambulance improviséeun tableau de 1865 pour lequel Monet, à son tour et de façon bien imprévue, lui servit donc demodèle. 


 Malgré sa gentillesse pour ses amis, Bazille avait un caractère bien trempé. Nous avons une vision du caractère déterminé de l'artiste sur un autoportrait Frédéric aimait à revenir dans le domaine familial de Méric, près de Montpellier, où il retrouvait le calme pour lire, méditer et peindre. Il y fit un tableau de famille en 1867, tableau d'ailleurs intitulé La Réunion de famille

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Ce portrait groupé, peint à Méric près de Montpellier, réunit Eugène des Hours, Thérèse des Hours (née Auriol), Camille des Hours (née Pagesy), Marc Bazille, Suzanne Bazille (née Tissié), Emile Teulon, Pauline des Hours (née Teulon), Gaston Bazille, Camille Bazille (née Vialars) et Frédéric Bazille. On distingue Castelnau-le-Lez dans le lointain.

 Bazille est debout à gauche et on peut remarquer la grande taille qui le caractérisait. 

Dans la propriété de Méric, Gaston Bazille réunissait les siens pour son anniversaire, le 27 août. Ce tableau est assez surprenant. Toujours dans ses recherches de personnages en plein air, Bazille semble avoir fixé une image de ce qui était et ne serait plus. Tous les regards de cette famille assemblée convergent vers  le peintre, c’est à dire vers nous, les voyeurs, comme si nous venions de surprendre ou de  déranger leur réunion intime ou comme si cette famille allait être frappée d’un malheur inconsolable .


Et c’est là à l’occasion d’un dernier passage à Méric, dans la propriété familiale que tout bascula subitement dans la vie de Bazille.

En août 1870, il s'engage dans un régiment de zouaves. Il est tué, à 29 ans, au combat de Beaune-la-Rolande. En franchissant le ruisseau des Mazures il aperçut des femmes et des enfants passant en courant pour chercher un abri dans les fermes près du cimetière. 

 Ses camarades d'infortune rapporteront plus tard qu'à ce moment Frédéric se mit à crier en se levant :

 ‘’Surtout ne tirer pas sur les femmes et les enfants ‘’.  

Au mépris du danger Bazille s'élança à l'attaque et reçut une balle dans le bras et une autre dans le ventre avant de s'écrouler mortellement blessé. Il va vivre quelques moments encore, tandis que la bataille se poursuivra jusqu'à la tombée de la nuit. Il a toute sa conscience et se sait néanmoins perdu. Profitant d'un moment de calme, ses amis zouaves le couchèrent près du ruisseau. A l'un d'eux, il confia sa bague en lui demandant de la faire parvenir à ses parents. Il offrit les cent francs en argent qu'il avait sur lui à un autre qui refusa et vers 4 heures 30 de l'après midi il expira. Il avait à peine 29 ans. 

Le 15 décembre, le corps de Frédéric Bazille fut inhumé au cimetière protestant de Montpellier où depuis, sa famille a élevé un monument à sa gloire. La stèle représentant le buste de Frédéric Bazille fut sculptée par son ami d'époque : Auguste Baussan. La jeune fille qui tend à bout de bras un rameau d'olivier est l’œuvre du sculpteur Chapus qui l'a baptisée La Jeunesse.La stèle porte l'inscription inévitable:  ‘’ C'est un honneur de mourir pour sa patrie ‘’. 

 

QUELQUES OEUVRES DE FREDERIC BAZILLE

LA ROBE ROSE 1864

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[ Autoportrait, 1865 ]

 

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  Négresse aux pivoine

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Après le bain

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Baigneurs

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 Studio de l'artiste

 

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Porte de la reine à Aigues-Morte 

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